Juifs en terres arabes

De l’Afrique du Nord au Moyen-Orient, l’histoire des juifs en terres arabes a longtemps fait l’objet de lectures idéalisées et superficielles, aujourd’hui recouvertes par l’ombre du conflit israélo-arabe. Le plus souvent antérieures à la conquête arabo-musulmane au VIIe siècle, ces communautés se sont dissoutes, en une génération à peine, dans l’après-guerre (1945-1970). Le statut de dhimmi faisait du juif moins un protégé qu’un inférieur et un soumis, sans pour autant occulter la richesse culturelle (philosophique et religieuse, notamment) de ce monde disparu. Un monde confronté au choc Islam-Chrétienté, puis à la colonisation européenne perçue à la fois comme une intrusion étrangère et la possibilité d’une libération.
Le conflit israélo-arabe et le projet sioniste sont-ils les seuls responsables de ce déracinement, comme l’assure l’opinion courante ?
En réalité, en particulier par le biais de l’école, la modernité culturelle, appuyée sur un développement économique et social, avait ébranlé dès le XIXe siècle la sujétion traditionnelle des sociétés juives. De surcroît, à partir des années 1930, le développement du foyer juif en Palestine et l’essor d’un nationalisme arabe de plus en plus ethnicisé, et souvent fa