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Sortir de l'anonymat de l'Egypte - n° 13

Chemot: sauver nos noms  (35 min)

Jean-Claude Bauer - enseignant du judaïsme

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5 commentaires

Réponse courte à uriel aviges. 01 janvier 14:08, par Jean Claude Bauer.

Les deux sages femmes ne "s'engagent pas politiquement", elles ont à faire à l'interdit de tuer (les enfants) et s'y tiennent, au risque de leur vie, comme le prescrit le Talmud (yaareg ve al yaavor). Leur vie à elles est dans les mains du Maitre de l'Histoire, ce n'est plus "leur histoire". Le juif que l'on veut dessiner ici vit en face d'un Maitre de l'Histoire, faisant, avec force d'âme, ce que lui enjoint ce Maitre dans la situation où celui-ci l'a placé...
Pour Rabbi Ichmael ben Elisha (baba batra 60 b) il est interdit de mettre au monde des enfants auxquels je ne ferai pas la Mila et auxquels je n'apprendrai ni Thora ni mitsvot (qui relèvent des obligations du père et de lui seul) : la stratégie romaine est celle de l'assimilation forcée (le texte est clair sur ce point). Engendrer et elever de parfaits petits romains est interdit (pour R. Ichmael) Voir la question de Tossphot, mais Rachi n'a pas la question. Ce n'est pas un renoncement, c'est un interdit. La situation en Egypte n'est pas du même type, les Egyptiens ont un souci démographique mais ne cherchent pas à assimiler les hébreux (dont un grand nombre le font tous seuls mais c'est une autre affaire). Que va alors devenir le peuple juif : ceci est dans les mains du Maitre de l'Histoire, qu'il "se débrouille" avec Son Histoire. Nous sommes évidemment à des années-lumières du politique. Bien sur, le Maitre de l'Histoire peut choisir d'envoyer une Esther au palais : mais ce n'est pas Esther qui s'est mise dans cette situation. Elle y fera par contre, ainsi convoquée, ce qu'elle avait à y faire. Il faudrait évidemment dire beaucoup plus, mais disons qu'il s'agit d'une indication. Merci pour votre question.

La maison et lenom 30 décembre 23:30, par rina

Le débat sur ce qu'il faut entendre par "maison" et par "nom" est très intéressant tant pour la problématique féminine, que masculine. J'espère que nous aurons des réponses dans les prochains cours.

Construire sa maison 30 décembre 13:50, par Isarivka

Merci pour la rigueur et la profondeur de votre commentaire, qui met la question du nom à retrouver au féminin comme au masculin, comme en témoigne l'héroïsme des sages femmes. Merci aussi de souligner qu'en hébreu, l'expression "faire face à, tenir tête à" se dit " faire apparaître le visage", ce qui, si j'ai bien suivi, est synonyme de "se réappropier son nom". A chacun de découvrir ce qu'il a à faire, individuellement, et de sentir que c'est ainsi que la grande Histoire le convoque.
Si vous pouviez nous offrir un cours complet sur Akadem l'année prochaine, ce serait merveilleux.

Petite question 29 décembre 17:57, par uriel aviges

D'abord, merci et bravo pour ce cours.
une question seulement, comment tous ces midrashim et ces textes peuvent ils s'accorder avec le passage du talmud baba batra page 60b. La bas le talmud explique en citant rabi eliezer fils d'elisah, qu'il serait preferable de ne pas avoir d'enfants, pour que le peuple juif disparaisse de lui meme, sans avoir a etre frappé par d'autres pogromes. Dans ce passage personne ne semble disputer l'avis de rabi eliezer.

il y a d'autre part une ambiguïté dans le cours, les deux sages femmes retrouvent leur nom, en s'engageant politiquement pour changer l'histoire. Il semble que la maison soit le fruit d'un engagement politique publique, une volonté d'intervenir dans l'histoire, plutôt que le resultat d'une volonté de preservation de sa propre famille.
il est evident, qu'en tenant tete a pharon les sages femmes mettait en danger leur propre famille.
donc je ne ne sais pas quel est le message qu'il faut retirer de la parasha.

quoi qu'il en soit, merci beaucoup pour ce tres beau cours.

Le nom de l'homme 28 décembre 01:35, par simha

Merci pour ce cours passionnant sur l'ensemble du Livre de Chemot qui est le livre des Noms. Nouveauté du sujet traité sous l'angle de l'anonymat de l'esclavage et de la reconquête par les fils du nom donné et transmis par les pères (complétant parfaitement le cours précédent Vayehi). J'avais toujours pensé que ce livre de l'exil faisait une large place aux femmes, mais ce cours fait une large place au rôle des hommes en soulignant l'importance du nom et de sa transmission par la construction du foyer dans une histoire personnelle dont la responsabilité incombe aux hommes. A recommander à tous les garçons et à conseiller à mes fils !

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Biographie du conférencier

Jean-Claude Bauer - enseignant du judaïsme

Jean Claude Bauer est diplômé de la faculté de médecine de Strasbourg. Sa thèse a porté sur les problèmes posés par la contraception d'après les sources talmudiques.
Il a ensuite étudié la Tora et le Talmud à la Yéchiva des Etudiants de Strasbourg et enseigne aujourd'hui les textes de la tradition juive au centre d'étude pour femmes 'Hayé Sarah à Strasbourg dont il est le directeur.
Il participe aussi à des colloques traitant de la confrontation du Talmud aux problèmes médicaux et de droit.

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